Le bassin de La Villette

Jeudi 8 novembre 2018

Le premier bassin de la Villette est long de 699 mètres et large de 70 mètres. Il a servi à différentes activités.

Sa première fonction était de servir de réserve d'eau potable aux Parisiens. Sa seconde fonction, associée au second bassin, était de fournir l'eau nécessaire pour la navigation sur les canaux de Saint-Denis et de Saint-Martin.

Au début du XIXe siècle, ce premier bassin était entouré de jardins, où les Parisiens venaient passer des moments agréables (promenades en été, patinage en hiver). Mais l'ère industrielle des années 1850, voit disparaître cet aspect loisir. Des dépôts de marchandises fleurissent alors sur les berges.

En 1832, Paris fut touché par la grande épidémie de choléra. Les Parisiens utilisant l'eau issue du bassin de la Villette furent moins durement touchés que ceux utilisant l'eau de la Seine (pompes à feu de Javel, pompe à feu de la Samaritaine), car les eaux usagées de la capitale étaient déversées dans le fleuve, comme surtout les déchets de l'Hôtel-Dieu (où se trouvaient de nombreux malades), qui enjambait le petit bras entre l'île de la Cité et la rive gauche.

À la fin du XIXe siècle, le bassin développe l'activité commerciale.

À la même époque, la passerelle de la Moselle (haute de 13 mètres, et d'une portée de 85 mètres), construite par Armand Moisant3,4, voit le jour en 1882. Elle est ornée d'une horloge de 3 mètres de diamètre. Cet ouvrage, devenu vétuste, est remplacé en 1966.

Le pont de Flandre, pont levant de 85 t construit en 1885, partage les deux bassins.

Le second bassin, mesure 30 m de large et 730 m de long. Ce bassin (le bassin élargi) auquel on donne souvent, prématurément, le nom de « canal de l'Ourcq », longeait à l'origine les arrières de l'ancien village de la Villette.

À son extrémité nord, on trouve le « rond-point des canaux », où convergent le bassin de la Villette, le canal de l'Ourcq (qui amène, de plus de 100 km, l'eau de la rivière Ourcq), et le canal Saint-Denis (qui, avec une longueur de 6 647,50 m et une pente de 28,45 m, rejoint la Seine à Saint-Denis), ainsi que la darse du Fond-de-Rouvray (port pour les bateaux du service des Canaux).

Autour du site des canaux se développa, dès le second quart du XIXe siècle, une intense activité de fret et portuaire. Dans la dernière moitié du même siècle, il fut le support d'une industrialisation très importante, à Paris comme sur le territoire de l'actuelle Seine-Saint-Denis. À la même époque, le trafic portuaire du bassin de la Villette était à son apogée, et équivalait celui du port de Bordeaux.

Ce trafic de fret a connu, dans le courant du XXe siècle, des pics importants liés, pour l'essentiel, à l'activité du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) après les grands conflits mondiaux. En décroissance constante depuis le milieu du XXe siècle, ce trafic, devenu nul pour le bassin de La Villette, est actuellement descendu pour l'ensemble des canaux parisiens à son plus bas niveau historique (autour d'un million de tonnes en l'an 2000).

Dans le même temps commence à se mettre en place, difficilement cependant, à partir du bassin de la Villette, des transports de passagers à caractère touristique.

Les unités : 23 l 53 m2, 42,56 m3 3 s 25 % 47 ml.

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Les bâtiments du nord-est du bassin


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Le bassin de La Villette


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La barrière Saint-Martin et le canal de la Villette au début du XIXe, par Christophe Civeton.